Geo-Psy a demandé à Ivana Belouin, psychologue clinicienne, formatrice en psycho-traumatologie et membre du réseau Geo-Psy, de répondre à nos questions sur l’état de stress post-traumatique  :

1.Qu’est-ce qu’un état de stress post-traumatique ?

L’état de stress post-traumatique est un ensemble de symptômes caractéristiques qui se développe suite à l’exposition à un ou des événements traumatiques (exposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles).

Là où l’état de stress est une réaction normale et adaptative, on dit qu’il devient « post-traumatique » lorsqu’il se prolonge au delà d’un mois après l’événement en question.

Cela peut concerner toute personne qui a vécu directement l’événement, qui en a été le témoin, ou encore, qui en a entendu le récit (ex : les proches, les thérapeutes

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 2.Quels sont les effets d’un état de stress post-traumatique sur la personne concernée ? Quelles sont les conséquences d’une absence de prise en charge ?

Parmi les multiples symptômes de l’ESPT, nous retrouvons, de façon plus caractéristique :

– le syndrome de reviviscence – Souvenirs, rêves ou sensations (ex, flashs) pénibles récurrents, involontaires, et envahissants, associés à l’événement traumatique.

– le syndrome d’évitement – Efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les objets externes (personnes, lieux, conversations…) associés à l’événement traumatique.

– Sentiment d’insécurité permanent, ou quasi permanent ;

– Hypervigilance (le fait d’être tout le temps sur ses gardes, sursauter au moindre bruit…) ;

– Irritabilité ;

– Troubles du sommeil ;

– Troubles de l’attention et de la mémoire ;

– Vécus de honte, d’abandon et de culpabilité qui mènent souvent à l’isolement.

A terme, sans prise en charge adaptée et spécialisée, l’ESPT peut avoir de lourdes conséquences :

– Sur la santé psychique : anxiété généralisée, phobies, TOC, troubles addictifs, troubles du comportement alimentaire, dépression, automutilation et suicide.

– Sur la santé physique : fatigue chronique, douleurs chroniques (céphalées), troubles gastro-intestinaux (vomissements), cardio-vasculaires (hypertension artérielle), dermatologiques (psoriasis, eczéma)…

– Sur la vie affective/sociale/professionnelle : séparation d’avec son conjoint, échec scolaire ou professionnel, retrait social, marginalisation et exclusion (SDF).

 

3.Quelles sont les techniques ou les outils utilisés par les psychologues pour aider les personnes souffrant d’un état de stress post-traumatique ?

Dans les prises en charge dite « d’urgence » (soins immédiats et post-immédiats), nous ne savons pas encore si la personne va développer un ESPT, nous savons toutefois qu’elle a été confrontée à un événement potentiellement traumatique. Les techniques utilisées (defusing, debriefing) sont alors avant tout préventives et, visent globalement à réhumaniser et favoriser la parole. Cette phase, critique, dont l’objectif est de réduire l’impact traumatique, éviter une aggravation, doit impérativement être gérée par des professionnels formés ; car, a contrario, une prise en charge non adaptée peut avoir des conséquences délétères sur la personne.

A plus long terme, les outils utilisés par les thérapeutes sont très variés et auront pour objectif d’agir sur la diminution des symptômes. Fréquemment, les techniques mises en oeuvre sont : la psychothérapie, les techniques de relaxation, l’écriture automatique, l’EMDR, l’hypnose, la psychoéducation… De la même façon, pour espérer bénéficier d’un accompagnement le plus efficient possible, il sera essentiel de consulter un professionnel spécialisé dans la prise en charge du traumatisme psychique.

 

Merci Ivana !

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