3 questions à mon psy : l’écoanxiété, kesako ?

3 questions à mon psy : l’écoanxiété, kesako ?

 L’écoanxiété, kesako ? 3 questions sur le sujet à Emmannuelle Comptesse, pscyhologue clinicienne et consultante RPS.

 

  • L’écoanxiété, c’est quoi ?

Pour exprimer les choses simplement, on peut dire que l’écoanxiété, c’est le nouveau trouble des jeunes générations, celui des paniqués du climat, des anxieux de l’écologie, une nouvelle forme de stress engendré par les actions néfastes des humains sur la planète.

Le terme « écoanxiété » nous vient de l’écopsychologie, mouvement qui s’intéresse aux relations de la psyché avec son environnement ou sa « maison terrestre ». Il a été inventé en 1992 par le sociologue et historien californien Théodore Roszak, pour traduire l’idée que nos troubles seraient causés par le caractère trop distant que l’Homme entretient avec la planète et les dommages qu’il lui fait subir. 

 Plus récemment, l’écoanxiété renvoie à la crise écologique mondiale que nous traversons car nous sommes tous concernés par le réchauffement climatique et sensibilisés aux catastrophes environnementales qui se manifestent dans le monde entier. Cette réalité concrète et ses conséquences sur la santé nous font prendre conscience des dangers encourus par une humanité qui paradoxalement détruit l’environnement dans lequel elle peut se reproduire et continuer de vivre.

Or, cette sensibilisation environnementale, à la fois collective et individuelle, est douloureuse parce qu’elle nous oblige à ouvrir les yeux sur des actes que nous avons commis et qui mettent nos vies en danger, ce qui ne va évidemment pas sans angoisses.

Cette prise de conscience donne naissance à l’écoanxiété, symptôme proche de l’anxiété classique. Mais ce qui la différencie d’un simple stress, c’est la dimension de désespoir qui s’y ajoute. L’écoanxiété se rapprocherait donc d’une forme de mélancolie avec son cortège d’auto-reproches, de culpabilité et de sensation de fin du monde. Ce sentiment est amplifié par l’impression de ne rien pouvoir faire pour contrer le changement climatique et conforte le sujet dans le fait qu’il est impuissant face à cette réalité. Cette absence de perspective peut se traduire par une souffrance morale qui revêt différentes formes cliniques, allant des troubles du sommeil à la dépression dans les cas les plus graves.

 

  • Est-ce qu’une tranche d’âge de la population semble plus touchée par cette problématique ?

 Il suffit de voir qui s’est mobilisé le 15 mars dernier. Les jeunes, lycéens et étudiants, étaient presque 30 000 (selon la Préfecture) à avoir séché les cours pour répondre à l’appel de la suédoise Greta Thunberg, le nouveau visage d’une jeunesse écolo engagée. Ce sont eux qui ont tiré la sonnette d’alarme pour nous rappeler que le capitalisme est en partie fondé sur les énergies pétrolières et que le transit écologique ne se fera pas sans mesures sociales et économiques. Cela ne veut pas dire que les plus âgés soient moins touchés, mais ils le manifestent moins.

Cette nouvelle génération a de fortes préoccupations écologiques qui vont bien au-delà de la simple conscience écologique que nous avons d’ailleurs plus ou moins acquise avec le temps. C’est-à dire qu’elle prend d’autant plus en considération les négligences et les maltraitances de ses aînés à l’égard de la planète, qu’elle en subit les conséquences. Cette prise de conscience aigüe se traduit par une grande anxiété, voire des affects dépressifs avec une difficulté à se projeter dans l’avenir pour certains. A quoi bon avoir des enfants si c’est pour les voir mourir d’un cancer avant que nous ayons rendu notre dernier souffle ? A quoi sert de donner la vie puisque nous continuons de détruire celle qui en est à l’origine ? D’ailleurs l’un des slogans de la marche mondiale pour le climat était : « Fin de mois, fin du monde, même combat ». Ce qui en dit long sur les préoccupations de ces jeunes. 

 

  • Quelles sont les « astuces » de psychologue pour mieux gérer son écoanxiété ?

L’angoisse, telle que conceptualisée par Freud, est un signal d’alarme, une alerte interne qui nous signifie que nous sommes devant une situation de danger. L’angoisse peut être sans objet, diffuse. On est anxieux mais on ne sait pas très bien pourquoi ni de quoi. On parle alors d’angoisse sans objet.

Dans le cas de l’écoanxiété, nous connaissons l’objet cause de l’angoisse, qui est la dégradation constante de notre planète.

Un lien vital, à la fois physique et psychologique, nous relie à la nature, mais ce lien est mis à mal par la vie moderne. Nous nous sommes comportés avec la planète comme des enfants ingrats pressés de s’affranchir d’une Terre-mère dont nous sommes dépendants et nous en payons le tribut. A force de vouloir s’y opposer par la maitrise de nouvelles technologies, nous avons gagné en indépendance mais nous vivons coupés de la nature, ce qui engendre des désordres nerveux (trop de stimulations sensorielles) et des problèmes de santé dus à la pollution, y compris sonore.

 Si dans le cadre de notre pratique de psy, nous sommes amenés à rencontrer des patients qui souffrent d’écoanxiété, notre rôle est, comme avec d’autres pathologies, d’écouter, d’analyser, et de découvrir l’origine de ce trouble, en établissant le lien avec d’autres angoisses plus archaïques. Mais aussi de travailler sur leur relation peut être ambivalente (amour/ haine) à la nature. Ce travail d’élaboration et de compréhension, peut aider ces patients à ne plus se laisser déborder par leur angoisse, mais au contraire à la sublimer en engageant des actions concrètes pour prendre soin de notre planète qui, tout comme notre mère (pour reprendre la métaphore de la terre-mère), nous a vus naître et aidés à grandir. Transformer une souffrance morale en actions est probablement le meilleur remède à l’éco-anxiété.

 

Emmanuelle Comtesse

 

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La consultation à domicile : Témoignage de Nesrine DERRADJI-LECOCQ, psychologue clinicienne

La consultation à domicile : Témoignage de Nesrine DERRADJI-LECOCQ, psychologue clinicienne

  • Nesrine, en qualité de psychologue clinicienne, tu as fait le choix d’aller à la rencontre de tes patients, peux-tu nous expliquer comment en es-tu venue à effectuer des consultations à domicile ?

J’ai travaillé près de huit ans au sein de l’association  »enquête et médiation ». À ce titre, je réalisais des missions d’expertise judiciaire (enquêtes sociales, enquêtes de personnalité, bilans psychologiques à caractère familial) qui nécessitaient de se déplacer au domicile des personnes concernées par la mesure en vue d’évaluer leur environnement de vie ou capacités d’accueil et d’hébergement. Au fils du temps, je me suis naturellement accoutumée à la spécificité de cette démarche.

Lorsque je me suis installée en libéral, j’ai mis à disposition mes compétences de psychologue clinicienne au service de particuliers par le biais d’une plateforme de mise en lien. Dans ce contexte, j’ai été amenée ponctuellement à me rendre au domicile de patients. Il me tenait à cœur de pouvoir donner accès aux mêmes possibilités de prise en charge à tous.

 

  •  Quelles sont, selon toi, les raisons pour lesquelles les patients en viennent à privilégier un suivi psychologique à domicile. Quelles sont les problématiques que tu rencontres le plus dans ces consultations ?

Certaines personnes se trouvent dans l’impossibilité de se déplacer en cabinet ou en services de consultation public du fait de contraintes particulières ou au regard de leur symptomatologie.

Il se peut que la personne ait à sa charge un enfant en bas âge ou une personne âgée qui nécessiterait un mode de garde pour se libérer une disponibilité. Cela peut demander une organisation logistique et un coût supplémentaire à celui de la consultation.

Il est des cas où la personne est immobilisée ou alitée à son domicile durant une période plus ou moins variable (suite à une fracture, une grossesse pathologique par exemple).

Il est possible d’intervenir au domicile du patient lorsque ses capacités psychiques ne lui permettent pas, au moment de sa demande, d’aller sur l’extérieur (troubles obsessionnels, phobiques, dépressifs). Le patient est isolé chez lui et aller à sa rencontre, permet de l’accompagner au plus près des difficultés dont il souffre.

Il existe des personnes qui ont une réelle demande de suivi qui n’aboutit pourtant pas dans un lieu tel qu’un cabinet de consultation ou un centre médico-psychologique.  La représentation de ces lieux peut être associée pour certains à la maladie mentale. Pour d’autres, faire la démarche dans ces lieux de soin ne leur permet pas la préservation de leur anonymat.

Du fait du caractère particulièrement invalidant de certains problèmes, il m’apparaît essentiel de faciliter la prise en soin du sujet en se mobilisant en tant que thérapeute, non pas seulement psychiquement mais également physiquement.

 

  • Comment procèdes-tu pour « apporter » avec toi ton cadre professionnel en effectuant les consultations dans l’intimité même de tes patients ?

En raison de la proximité qui pourrait résulter du caractère singulier du lieu de la rencontre, il est souhaitable de garder une posture à la fois distanciée et neutre, essentielle au bon déroulé du suivi.

En cabinet, nous maîtrisons davantage notre environnement, nous avons nos repères. Être reçu au  domicile du patient induit en conséquence une adaptation de notre part à son environnement de vie et la façon dont il y évolue. Cela peut nous apporter également de précieux éléments cliniques auxquels nous n’aurions pas eu nécessairement accès dans un contexte de consultation en cabinet.

Nous intervenons généralement dans un environnement de vie commun à toutes les personnes qui partagent le domicile du patient.  Il convient de travailler avec ce dernier pour l’aider à trouver l’espace d’écoute et d’échange qui lui appartient dans cet environnement qui est en même temps, le sien et celui de ses proches. Nous sommes garants de cet espace tout au long de la consultation, en le préservant au possible des probables intrusions externes qui pourraient le mettre à mal.

Pour conclure sur cette question, je dirai assurer le cadre contenant, indispensable à notre champ d’action (ce qui s’avère être une tâche plus délicate au regard de ce contexte précis) auprès d’un patient qui nous ouvre les portes de sa psyché et de son chez lui.

 

Mme DERRADJI-LECOCQ, psychologue clinicienne

 

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