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Le processus de deuil. Une psychologue nous explique

Florence Noël, psychologue du réseau Geo-Psy, nous explique les 5 étapes du deuil, l’importance d’exprimer ses émotions à chaque étape et nous apporte des conseils afin d’éviter de faire face à un deuil pathologique.

deuil pathologique
les étapes du deuil

Faire face à un deuil suite à la perte d’un être cher

 

Suite à la perte d’un être cher, vous vivez un deuil et traversez différentes émotions. Ce processus normal de deuil devient pathologique si nous restons figés dans l’une des émotions précédant l’acceptation. Le deuil représente le temps nécessaire pour soigner votre blessure. Durant cette période, il est important d’être à l’écoute de vos émotions et de les exprimer. Bien que cela soit douloureux, le processus de deuil est normal. Il est possible de suivre une psychothérapie si le deuil devient pathologique. L’expression “faire son deuil” ne veut pas dire oublier le proche que vous avez perdu. Au contraire, il s’agit d’apprendre à vivre avec moins de chagrin tout en maintenant le lien, à travers vos souvenirs, avec la personne disparue.

 

Apprenez à repérer le processus de deuil selon ses 5 étapes

 

Si vous vivez actuellement un deuil, il se peut que vous traversiez ces cinq étapes : le déni, la colère, le marchandage, le sentiment dépressif et l’acceptation. Ces phases sont décrites par plusieurs spécialistes, dont Elizabeth Kübler-Ross dans son ouvrage : “Vivre le chagrin et le deuil”. Nous ne passons pas toujours d’une étape à l’autre, dans l’ordre et linéairement. Il est possible, par exemple, de faire des allers et retours entre deux étapes avant de passer à la suivante. Ou encore, de voir deux phases se chevaucher partiellement.

 

Le déni correspond au moment où il est difficile d’assimiler que la personne décédée a vraiment disparu, pour toujours. Cela peut être lié au choc de la nouvelle et à la sidération qui s’ensuit. Le déni transitoire vous protège d’un choc trop violent que votre psychisme ne saurait absorber sur le moment. Le déni peut durer de quelques heures jusqu’à plusieurs jours, puis il est censé passer pour laisser place à une autre étape. La colère se manifeste quand il devient possible de réaliser la mort de l’être aimé et que l’avenir se fera sans la personne disparue.

 

La colère n’est pas toujours rationnelle et fondée mais elle est nécessaire au processus de cicatrisation. Cette émotion peut surgir plusieurs fois pendant le temps du deuil. Vous pouvez vous sentir en colère contre des médecins, contre des proches, des amis ou encore contre le défunt lui-même. Ce sont des sentiments naturels même s’ils ne vous paraissent pas rationnels. Il est important de ne pas refouler la colère mais de l’accepter et la ressentir, malgré l’inconfort. Vous pouvez dire à des personnes de confiance que vous êtes en colère. Vous pouvez aussi écrire votre sentiment et vos pensées, pour vous-même, et sortir cela hors de vous. La colère finira par s’apaiser.

 

L’étape du marchandage est associée à la culpabilité parfois ressentie après la perte d’un être cher. A cette étape, vous pouvez avoir des pensées comme : “Si seulement je ne l’avais pas poussé à faire du sport, cet accident ne serait pas arrivé” ou encore “S’il était allé dans un autre hôpital, il serait peut-être encore en vie”. Le marchandage aide à maintenir, pour un temps, une image de l’avenir où le décès ne serait jamais survenu. C’est en lien avec le déni, sans toutefois s’apparenter au déni. Il s’agit d’un mécanisme psychique qui apporte un soulagement temporaire et qui aide à faire face au deuil.

 

La dépression apparaît lorsque vous revenez au présent, à la réalité, sans colère et sans marchandage. Vous pouvez ressentir un vide et, à cette étape, le chagrin monte en intensité. La phase dépressive dans le deuil ne correspond pas à un trouble mental. Elle est une réponse adaptée à une perte douloureuse. Ne cherchez pas à lutter contre ce sentiment dépressif. Cherchez plutôt à naviguer avec lui, comme avec un invité (que nous préférerions ne pas héberger, certes) à bord de votre bateau. Accueillez-le malgré tout. Laissez s’exprimer votre tristesse, par exemple par les larmes. Ainsi, elle peut s’évacuer progressivement. Là aussi l’écriture peut vous aider à exprimer et à réguler vos émotions. Il se peut que des pics de tristesse reviennent alors que vous vous sentez de mieux en mieux. N’en soyez pas inquiet, cela n’est pas un échec. C’est le processus normal du deuil.

 

L’acceptation est l’étape ultime du deuil. A ce moment de votre chemin, vous admettez que l’être cher a disparu physiquement, pour toujours. Cela ne veut pas dire que vous l’oublierez, mais que vous acceptez la réalité. A ce stade du processus, vous pouvez de nouveau envisager l’avenir et reprendre progressivement vos activités en ressentant de nouveau du plaisir. Il peut y avoir encore du chagrin mais il y a de plus en plus d’heures consécutives dans une journée où vous pouvez être dans l’action et vous sentir relativement bien. Les journées agréables sont progressivement plus nombreuses que les journées dans la peine.

 

Identifiez et exprimez vos émotions à chaque étape

 

Vos émotions sont une réponse adaptative de votre organisme aux événements qui se passent dans votre vie. Elles ont une utilité et une fonction. Par exemple, la peur nous permet de prendre la fuite dans certaines situations dangereuses. L’émotion s’accompagne d’un ensemble de réactions physiologiques et de besoins qui sont adaptés à la situation.

Les émotions qui surviennent dans le processus de deuil sont aussi très adaptées. Elles ont pour fonction de vous aider à continuer de vivre tout en intégrant progressivement la perte d’un être aimé. Cette perte constitue un tel choc qu’il n’est pas possible de reprendre le cours de votre vie, au même rythme qu’avant, tout de suite après le décès. Ainsi le sentiment dépressif, bien que désagréable, vous amène à faire moins de choses que d’habitude, à aller plus doucement. L’émotion tristesse, centrale dans le deuil, vous permet de pleurer et de vivre votre chagrin.

 

Les émotions qui accompagnent le deuil normal ne sont pas faciles à vivre. Mais elles doivent être accueillies et ressenties. Pour cela, soyez attentif à vos sensations corporelles et aux pensées qui vous traversent. Un sentiment de lassitude, de découragement, de vide et des pensées pessimistes évoquent la tristesse. Pour l’accueillir, vous pouvez vous dire : “Ah, voilà la tristesse. Je l’accueille car je sais qu’elle m’aide à vivre mon chagrin pour aller mieux ensuite”. Laissez couler vos larmes.

Un sentiment de tension, d’irritation, de nervosité, avec des pensées de reproche vis-à-vis de l’hôpital (ou de l’entourage) évoquent la colère. Accueillez cette émotion. Vous pouvez vous dire : “Je me sens en colère. C’est dur, mais je l’accueille car je sais qu’elle me permet d’avancer.” La colère au cours du deuil est aussi le signe d’une force qui vous permet de ne pas vous effondrer, pourvue qu’elle ne dure pas. La colère doit être entendue, accueillie, mais pas nécessairement mise en actes. Il ne s’agit pas d’entrer en conflit avec son entourage ou des médecins, si cela n’a pas lieu d’être. Notez simplement que vous vous sentez en colère et soyez conscient que cela fait partie du processus de deuil.

 

 

Vous l’aurez compris, le deuil est un processus normal bien qu’il soit douloureux. Il est pathologique s’il n’a pas été possible de sortir de l’une des quatre premières étapes (déni, colère, marchandage, dépression). Dans ce cas, il y a une fixation sur l’un des états émotionnels associés (sidération, colère, tristesse) et le cours habituel de la vie ne peut pas reprendre.

 

Surmonter la perte d’un proche : 3 conseils pour éviter un deuil pathologique

 

Comme le rappelle le psychiatre Christophe Fauré dans ses ouvrages, le temps du deuil permet la mise en place des mécanismes psychologiques de cicatrisation de la blessure douloureuse. L’objectif de ces mécanismes est de restaurer votre organisme et votre psychisme afin de préserver votre santé. Que faire pour vivre un deuil normal et ne pas connaître le deuil pathologique ?

 

Tout d’abord, il se peut que vous ayez besoin de moments de repli sur vous, de solitude, propices au recueillement. Donnez-vous le droit à cela, si vous en ressentez le besoin. Dans ces moments, il est important d’accepter vos émotions, quelles qu’elles soient. Votre tristesse ou votre colère doivent pouvoir s’exprimer. Laissez couler vos larmes, elles vous sont nécessaires pour évacuer et avancer doucement. Vous pouvez aussi écrire ce que vous ressentez pour sortir ces sentiments douloureux hors de vous et les déposer sur le papier.

 

Entre deux moments de repli, partagez du temps avec vos proches pour faire vivre le souvenir du défunt. Acceptez le soutien des personnes qui comptent pour vous. Parlez à votre entourage de vos émotions et entendez aussi les leurs. Vous vous sentirez alors moins seul à traverser ce moment douloureux. Le partage social de l’émotion est un facteur clé de résilience.

 

Enfin, prenez soin de vous. Vous pouvez être dans une telle peine qu’il vous est difficile de dormir, de vous alimenter, de prendre soin de votre santé. Cela est normal au début du deuil. Mais veillez à ne pas vous négliger. Passée la phase de choc, reprenez progressivement l’habitude de préserver votre sommeil, de manger de façon équilibrée, de faire du sport. Si vous n’y prenez pas de plaisir au départ, dites-vous que ces gestes vous aideront à vous en sortir.

 

 

Le processus de deuil n’est pas seulement lié à la mort. Il peut être déclenché par la perte d’une relation (séparation, divorce), d’un objet (perte d’un habitat, d’un objet à forte valeur affective) ou d’une situation (perte d’emploi, infertilité et perte du projet de devenir parent, par exemple). Si vous rencontrez des difficultés à vous en sortir suite à une perte, osez demander du soutien à des proches de confiance autour de vous. En cas de difficultés importantes, il est important de vous tourner vers un psychologue pour obtenir de l’aide et du soutien émotionnel. Quelques séances peuvent parfois suffire pour passer un cap difficile dans le processus de deuil.

L’application Geo-Psy est disponible !

Geo-Psy disponible sur Google Play

L’application Geo-Psy est maintenant disponible ! Les fonctionnalités sont identiques à celles du site, choisissez votre psychologue selon son profil et ses spécialités et sélectionnez le format de consultation de votre choix : tchat, appel, visio, en cabinet ou à domicile. L’application mobile offre rapidité et simplicité, le soutien psychologique est désormais à portée de main !

Appel, tchat, visio, les avantages de la consultation à distance avec Geo-Psy !

La consultation à distance, les avantages

 

Avec la crise de la Covid-19, il a fallu adapter la consultation psychologique. La consultation à distance s’est alors développée. Geo-Psy propose la consultation à distance par visio, tchat ou appel téléphonique. Mais finalement, est-elle aussi qualitative qu’une consultation en face-à-face ? Quels sont les avantages par rapport à une consultation en cabinet ? On vous explique !

visioconsultation

Consultez où vous le souhaitez

La consultation à distance permet de consulter un psychologue où vous le souhaitez : au travail, à la maison, en déplacement, en vacances… vous n’avez plus besoin de vous déplacer. Il suffit de trouver un endroit calme, dans lequel vous vous sentez à l’aise et où vous vous assurez d’avoir une bonne connexion internet. La consultation à distance lève les contraintes organisationnelles : rendez-vous, trajet, garde des enfants, parking… Il n’est plus nécessaire de bloquer plus de temps que nécessaire pour un rendez-vous.

La consultation à distance permet d’apporter un soutien psychologique à tous. La consultation en cabinet présente des contraintes pour certaines personnes, notamment pour celles qui n’ont pas la possibilité de se déplacer : personnes en situation de handicap, personnes n’ayant pas de véhicule ou encore les parents qui n’ont pas la possibilité de faire garder leurs enfants. Elle est aussi contraignante si les psychologues les plus proches sont loin de chez vous. Avec la consultation à distance, ce frein est levé.

 

 

Consultez instantanément

En cabinet, il faut prendre rendez-vous pour une consultation et selon les disponibilités du psychologue, le rendez-vous est parfois loin dans le temps.

L’appel téléphonique et le tchat proposés par Geo-Psy sont des consultations instantanées. Vous choisissez votre psychologue parmi ceux disponibles et vous êtes immédiatement mis en relation. Plus besoin de prendre rendez-vous et plus d’attente. Elle est notamment adaptée aux personnes qui ont de la difficulté à se dégager du temps : emploi du temps chargé, horaires de travail tardives, parents devant s’occuper des enfants… Maintenant, vous pouvez consulter votre psychologue après votre journée de travail, sur votre pause déjeuner, pendant vos vacances…

 

 

 

La consultation à distance pour un premier pas

Certains freins sont encore présents quant au soutien psychologique. Certaines personnes souhaitent se faire accompagner mais ne sont pas forcément à l’aise à l’idée de se retrouver face à un psychologue. La consultation à distance permet de pouvoir échanger sans pour autant se retrouver face au professionnel. Les personnes plus réticentes se sentent plus en confiance pour se confier et échanger, notamment pour la ou les premières consultations.

 

La consultation à distance et sous différents formats

Avec Geo-Psy, vous pouvez consulter à distance tout en choisissant le format de consultation : appel téléphonique, tchat ou visioconsultation. Passer par l’écrit avec le tchat permet de libérer sa pensée et de prendre du recul sur ses émotions. Le tchat est aussi adapté pour les personnes malentendantes ou ayant des difficultés à s’exprimer. Quant à la visioconsultation, elle permet d’avoir un contact visuel avec le psychologue, cet aspect est important pour certains patients.

 

 

La même qualité d’échange

Consulter à distance n’enlève en rien les bénéfices d’un soutien psychologique. La qualité et la richesse de l’échange restent identiques à une consultation en face à face. Les psychologues de notre ligne d’écoute sont des psychologues experts dans leurs domaines. Selon leur profil, ils sont spécialisés dans différentes problématiques. Tout comme en face à face, ils prennent en charge toutes les situations : famille, enfants, couple, deuil, anxiété, burnout, dépression

Vous pouvez choisir d’effectuer une seule séance ou un suivi plus régulier. Pour chaque consultation, c’est vous qui choisissez votre psychologue. Vous pouvez choisir d’échanger avec un psychologue que vous connaissez déjà ou de découvrir un nouveau professionnel.

 

La consultation à distance permet de fluidifier le soutien psychologique et de le rendre accessible à tous. Elle lève de nombreuses contraintes, notamment organisationnelles. Elle conserve les bénéfices d’une consultation classique tout en présentant des avantages pour les patients comme pour les psychologues.

Communiqué de presse – Olivier Delacroix, parrain du nouveau Geo-Psy

AVRIL 2021

J’ai trouvé ce nouveau service utile, rapide et facile. Il correspond à une demande, surtout en ce moment. Libérer la parole, c’est important.

Olivier Delacroix

Producteur, animateur et journaliste (‘’Dans les yeux d’Olivier’’, ‘’ils font bouger les lignes’’, ‘’La libre antenne’’ d’Europe 1), Olivier Delacroix est un facilitateur de dialogue et sait mieux que quiconque comment entendre et comprendre l’autre.

C’est sur ce chemin de l’écoute et du dialogue que le célèbre présentateur et Geo-Psy, solution de consultation avec des psychologues, se rejoignent.

En effet, mai 2021 sera le lancement de ce nouveau service qui permettra à l’utilisateur de parler instantanément à un psychologue par tchat, appel téléphonique ou encore de consulter par visio, à domicile et en cabinet.

 

Une collaboration qui fait sens

Fort de son expérience, Olivier Delacroix sait l’importance de l’écoute et de la confiance pour se livrer. C’est pour cela qu’il a choisi de s’associer au projet de Geo-Psy. Mais aussi parce qu’il constate l’importance d’être sur le terrain pour faire « davantage bouger les lignes » sur des sujets aussi préoccupants en 2021 que l’accès aux soins psychologiques et le bien-être psychique.

 

Ça part en live le 03 mai !

Une date à ne pas manquer : le 3 mai prochain, Olivier Delacroix se joindra à Geo-Psy lors d’un live Instagram qui déclinera toutes les fonctionnalités de ce nouveau service et offrira aux participants l’opportunité de le tester lors de consultations gratuites. Parce qu’en 2021, l’accès aux soins psychologiques mérite d’être au cœur du dialogue, Geo-Psy a trouvé sa voix en la personne d’Olivier Delacroix pour faire tomber les derniers tabous. Pour simplifier cette démarche et la rendre accessible à tous.

La procrastination – Comment arrêter de tout remettre au lendemain ? Une psychologue nous explique

Procrastination
Remettre au lendemain

Anne-Sophie SCHVARTZ, psychologue de notre réseau, a répondu à nos questions sur la procrastination.


 

  • La procrastination, qu’est-ce que c’est ?

 

La procrastination peut toucher tout le monde. C’est le fait d’ajourner ou de reporter une tâche à effectuer ou une prise de décision.

Faire la vaisselle, préparer une réunion ou réviser un examen… « Je le ferai demain ! ». On peut aller jusqu’à s’adonner à toutes sortes de tâches périphériques pour ne pas avoir à se colleter à la tâche, celle que l’on doit impérativement accomplir.

Ce phénomène peut survenir aussi bien dans la vie professionnelle que dans la vie personnelle.

 

  • La procrastination est-elle réellement néfaste ?

Procrastiner, c’est se voler son temps et rendre le présent et le lendemain difficile. Pourquoi encombrer soi-même sa charge mentale et alimenter un échec chronique ? Le piège avec la procrastination, c’est de voir arriver la culpabilité et l’anxiété. Celles-ci peuvent, à leur tour, provoquer une démotivation et donc le report de la tâche à accomplir.

Nous pouvons tous, un jour, nous retrouver dans cet état. Nous pouvons, aussi, tous y mettre un terme. Prendre conscience de ce problème et souhaiter le régler avant qu’il ne devienne récurent et qu’il nous handicape dans notre travail, nos relations sociales et dans notre vie en générale est le début de la solution.

 

  • Quelques conseils pour éviter de procrastiner.

Tout d’abord, je vous conseille de faire une liste de tout ce que vous avez à faire. Les petites tâches, comme les plus grosses. Les moins urgentes, comme les plus urgentes. Dès qu’une action est terminée, il est important de la rayer de la liste. Pouvoir visualiser que l’on avance, petit à petit, c’est aussi booster son estime de soi.

Le plus dur au pied d’un escalier qui semble interminable, c’est la 1ère marche. On n’envisage pas la tâche dans son entièreté si elle nous semble insurmontable : un mémoire de fin d’étude à rédiger pour valider son diplôme ? On s’attelle à la mise en page, au titre et au sommaire. Puis on attaque la lecture d’un premier article.

Il faut tromper son mental tout en progressant. On ne se remet pas au sport après les vacances de Noël en se disant que l’on va s’enfermer 1h30 dans la salle de fitness. On commence juste par l’échauffement. Puis pourquoi pas 10 minutes de rameur ou de vélo elliptique. Puis on se met aux pectoraux ou à un exercice basique pour les jambes. Pas à pas, un par un. On prévient notre cerveau que l’on va juste faire une petite action, 10 minutes au plus. Et lorsque c’est fait, on continue avec une autre petite action. On ne s’engage pas sur le problème énorme dans son entièreté, celui que l’on repousse indéfiniment. Il faut séquencer et ruser avec sa volonté ou ses appréhensions.

L’important est de terminer la journée en se disant « J’ai avancé » et ainsi casser toute forme de culpabilité paralysante.

Mon ado ne va pas bien, comment l’aider ?

aider mon adolescent
mon adolescent ne va pas bien
  • Aider son adolescent en souffrance

  • Quels sont les signes qui montrent que mon adolescent ne va pas bien ?

L’adolescence est une période propice au mal être comme toute période de changement et de transition. Il faut bien différencier le mal être propre à l’adolescence d’un trouble dépressif qui nécessiterait une prise en charge spécialisée.

Le mythe de la crise d’adolescence est potentiellement porteur d’erreurs de diagnostics et de pronostics psychopathologiques (Claes, Weiner, 1995). Il peut nous amener à ne pas déceler des troubles psychiques graves.

Pour distinguer, le normal du pathologique à l’adolescence c’est extrêmement difficile. Il s’agira de prendre en compte plusieurs facteurs à la fois des évènements de vie, la personnalité et le milieu familial.

En réalité, les crises ne sont pas exclusives à l’adolescence mais la première reste la plus déterminante.

Grandir est forcément un acte agressif disait Winnicott. L’adolescent va s’affirmer en montrant sa valeur, en prenant des risques, en testant ses propres limites et en montrant de quoi il est capable. Surmonter une situation dangereuse c’est aussi une façon de prouver sa valeur et d’être reconnu.

Dans ce cas, ni l’agressivité ni l’opposition ne peuvent être retenus comme étant des troubles. Ils font partis du fonctionnement normal à l’adolescence.

Par exemple, il n’existe pas de lien direct entre consommation de cannabis et apparition de troubles psychotiques. En fait, la consommation va être un effet précipitant s’il existe un état de vulnérabilité psychologique déjà-là (Large et al, 2011).

Pour parler d’addiction, il faut aussi regrouper un ensemble de signes. Il faut alors faire attention à ne pas qualifier « d’addictif » tous les comportements répétitifs, excessifs, importants ou délétères chez l’ado.

En général, les signes sont visibles au niveau du corps, au niveau cognitif (c’est-à-dire dans la manière de penser, de raisonner, d’observer), au niveau émotionnel et comportemental. Cela dit, chaque signe sera interprété de manière différente en fonction du contexte.

Les troubles du sommeil

Par exemple, dans le cas de troubles du sommeil, là aussi il faut faire attention à l’interprétation.

Une adolescente dont la mère est décédée depuis deux ans avant la consultation dort deux heures par nuit malgré beaucoup d’activités en journée. Elle va dans la chambre de son père en lui disant « Je n’arrive pas à dormir ». Ce qui l’empêche de dormir, c’est qu’il faut qu’elle surveille ce que fait son père la nuit, qu’il est absolument hors de question pour elle que son père ait une liaison quelconque avec une autre femme que sa mère décédée. Lui permettre d’en prendre conscience lui a permis de se rendormir parfaitement normalement.

C’est donc un signe, qui pris dans son contexte, est moins alarmant que dans une autre situation. Si l’ado n’arrive pas à dormir parce qu’il a des angoisses terrifiantes et des terreurs nocturnes, ce n’est quand même pas la même chose…

 

  • Comment comprendre les prises de risques à l’adolescence ?

 

La prise de risque est plus présente à l’adolescence que durant les autres périodes de développement mais elle est inhérente à cette période.

Selon Steinberg (2008), il existe différentes régions du cerveau qui ne se développent pas à la même vitesse. Le développement du contrôle cognitif permet de s’orienter, de se projeter dans le futur, de résister à la pression du groupe et de contrôler ses impulsions. Il se développe plus lentement, plus graduellement que le système dit « socio émotionnel » responsable de l’addiction et des prises de risques.

Par conséquent, parler de perte de contrôle à l’adolescence si l’ado lui-même n’a pas encore développé la capacité neurobiologique pour réaliser, seul, ce contrôle devient un contresens.

Nous pouvons aussi comprendre que la seule présence des « copains », va activer le système de récompense « socio-émotionnel » responsable des comportements impulsifs. C’est moins le contrôle cognitif qui est à l’œuvre dans nos prises de décision que le système « socio-émotionnel ».

C’est pourquoi la prise de risque est particulièrement plaisante.

L’importance du milieu de vie

L’augmentation de la prise de risque à l’adolescence dépend plus du milieu de vie que de la personnalité. Si l’ado baigne dans un milieu où il existe de nombreuses occasions d’excitation émotionnelle, dans un milieu en présence de « potes » et des occasions de prise de risque dans l’environnement, son système socio-émotionnel sera d’autant plus activé. Sa difficulté à réguler les choses par lui-même (car son contrôle cognitif, ne l’oublions pas, est encore immature), sera encore plus importante.

Un des meilleurs facteurs protecteurs pour les conduites à risques c’est la qualité de relation avec les parents et être cohérent et constant dans son approche éducative.

Avec la perte de repères très forte aujourd’hui, les adolescents sont en recherche de cadre et peuvent d’ailleurs rencontrer d’autres cadres intentionnellement ou non. Par exemple sur internet ou travers des rencontres diverses même si ces derniers sont insatisfaisants sur certains plans (moral, éthique, politique etc.). Nous pensons évidement à l’engagement des jeunes dans des actes violents idéologiques comme le proposent les groupes terroristes.

Si l’adolescent a des difficultés pour se penser en termes de sujet unique, avec tout ce que cela comporte comme angoisse, il va donc avoir tendance à se conformer à un groupe auquel il va s’identifier. Souvent, si la qualité de relation est altérée, l’ado peut d’autant plus aller chercher une figure d’identification qui sera en opposition avec les valeurs propres à son contexte familial.

Aujourd’hui, nous sommes moins concernés par les carences affectives ou en termes de soins que par les carences symboliques ou la perte de sens. L’ado qui ne va pas bien ce n’est pas toujours celui qui est privé d’affection, d’attention ou de soins. C’est aussi celui qui n’a pas la possibilité de donner du sens à ce qui lui arrive. Pour cela, il a besoin d’un adulte suffisamment disponible et prêt à l’aider dans sa recherche de sens, sans pour autant lui donner une vérité à « plaquer » sur son propre vécu.

Par exemple, il s’agit d’éviter de dire « tu sais moi de mon temps… » ou encore « ça te passera tu verras ! ».

Il s’agit plutôt d’aller à la rencontre de son vécu et de ses propres questionnements.

 

 

  • Comment agir pour l’aider à aller mieux ?

 

Les périodes de changements sont propices à la vulnérabilité. A l’adolescence, la première vulnérabilité est émotionnelle. Aider l’ado à comprendre ses émotions est une étape éducative trop négligée dans notre société qui se réfère d’abord aux performances scolaires, aux relations sociales, à l’autonomie etc.

 

L’aider à exprimer ses émotions

 

Aider son ado à identifier, exprimer, comprendre et réguler ses émotions, semble important.

En effet, les émotions permettent de faire un lien entre dimension psychique et corporelle. La question à se poser est la suivante : Est-ce que mon ado a besoin d’aide pour faire le lien entre son ressenti émotionnel et son ressenti corporel ?

C’est crucial pour éviter d’être uniquement dans l’agir ! Ce qui permet de prendre une décision, ce sont plus nos émotions que notre réflexion, notre raison rationnelle. C’est pourquoi les adolescents ont besoin d’aide pour donner du sens à leurs émotions. En effet, les compétences émotionnelles vont permettre ensuite à l’adolescent de développer plus facilement ses compétences cognitives (Damasio, 1994). Les émotions peuvent être confondues. Les adolescents ne verbalisent pas beaucoup leurs émotions. Il est important qu’il puisse les verbaliser pour les reconnaitre en soi et ensuite chez les autres.

Est-ce qu’il s’agit de moi, de l’autre ? Est-ce que je crois que ça m’arrive à moi ? En distinguant les émotions, en les utilisant, en les différenciant de celles que l’autre éprouve, l’adolescent va pouvoir se socialiser d’autant plus facilement.

Il est certain que le parent, l’adulte de référence, joue un rôle déterminant dans ce contexte.

En effet, comment l’adolescent peut-il exprimer et comprendre ses émotions si l’adulte en face, lui, se cache derrière les siennes ? C’est ici que l’authenticité est primordiale. Les adultes aussi peuvent exprimer leurs émotions !

La difficulté c’est que l’adolescent a tendance à rejeter les demandes qui pourraient dévoiler sa vulnérabilité. D’autant plus si l’adulte ne montre jamais lui aussi sa propre vulnérabilité.

A ce niveau, c’est l’art d’être parent qui entre en jeu.

Les mots à éviter

Premièrement, éviter d’interpréter : mais non tu n’es pas triste ! ça va aller…

Ensuite, éviter de conseiller : moi à ton âge…

Eviter également de juger : Tu n’es pas beau/belle quand tu es triste…

Et éviter de questionner systématiquement : pourquoi tu pleures ?

 

Attention aux reproches et aux critiques qui sont souvent le résultat de la peur des parents.

 

  • Adopter une attitude d’écoute : signifier que vous êtes disponible (vous asseoir par exemple) et peut être que l’ado va parler par lui-même sans même que vous n’ayez prononcer un mot.
  • La présence silencieuse est aussi une posture qui remplace judicieusement les discours parfois trop « maladroits ». Vous pouvez jouer, regarder un film, observer un paysage, bref, partager un moment ensemble.

 

L’aider à penser par lui-même sans jugement

 

La pensée est aussi particulièrement en développement à l’adolescence, l’aider à donner du sens à ce qu’il lui arrive sans l’enfermer dans une vérité « dogmatique ». C’est-à-dire l’encourager à développer sa pensée critique et subjective. Son avis à de l’importance et lui permet de développer ses capacités de raisonnement. Même si les questions sont farfelues, aider-le, sans jugement, à aller jusqu’au bout de son raisonnement sans induire son discours. Le parent en adoptant volontairement une attitude naïve, permet à l’ado de prendre conscience des problématiques par lui-même.

 

  • A qui m’adresser si je n’y arrive pas seul ?

 

Faire appel à une tierce personne peut réactiver le conflit de l’ado qui oscille entre besoin d’autonomie et de dépendance. Si vous dites à l’adolescent que c’est lui le problème, il risque de se sentir dévalorisé et incompris. Le conseil que je peux donner, c’est de privilégier l’idée que le parent peut lui aussi montrer qu’il est vulnérable et qu’il a aussi besoin d’être soutenu.

Accepter d’accompagner l’adolescent chez un psychologue par exemple permet ainsi de montrer que ce n’est pas lui le problème mais que la situation mérite d’être éclairée par quelqu’un de neutre.

Si l’ado a besoin d’être accompagné séparément, vous pouvez consulter vous aussi un psychologue (un autre que celui de l’adolescent). Cela permet ainsi montrer que c’est une préconisation bénéfique et non pas stigmatisante.

Dans le cas d’addiction, un travail individuel (rdv individuel pour l’ado et pour le.s parent.s) et familial sera recommandé avec le même psychothérapeute.

 

La cohérence et la continuité des pratiques éducatives sont des éléments déterminants dans la manière d’aider l’adolescent à aller mieux.

Article rédigé par Jean-Marc MANZI, Psychologue.